Si le grain ne meurt…

Salade sur un grain de sable
SI LE GRAIN NE MEURT…

Il arrive que les quartz marquent des haltes au cours de leurs voyages. C’est notamment le cas lorsqu’ils se sédimentent dans des environnements de très basse énergie tels que les marécages. Là règnent des conditions physico-chimiques et organiques très particulières qui feront apparaître sur les grains des micro-cristaux variés, tandis que des argiles, piégées entre les aspérités de ces derniers, tapisseront leur surface.

Argiles x10’000

Lorsque de telles haltes se prolongent – elles peuvent durer des millions d’années -, on assiste parfois à une véritable régénération du grain. Car dans l’épaisseur de la formation sableuse immobilisée circulent en effet des fluides qui peuvent être très riches en silice dissoute. Celle-ci, en précipitant par endroits, va provoquer la naissance de minuscules cristaux de quartz sur les grains. Peu à peu, ces mini-cristaux s’étendront jusqu’à englober la totalité du support ; les grains de sable vont alors être cimentés les uns aux autres. C’est ce phénomène qui provoque la formation de grès, que l’on peut trouver en surface (tels les grès de Fontainebleau) ou à grande profondeur (tels les grès diagénétiques, qui sont parfois des réservoirs de pétrole).

Plage actuelle

Plage fossile

Lorsque ces roches seront soumises à l’altération, par suite de changements climatiques ou à cause de l’érosion, et que celle-ci aura désagrégé le grès, celui-ci libérera des grains entièrement régénérés. Des cristaux tout neufs masqueront les vieilles cicatrices.
 
Et ces grains sans mémoire, apparemment vierges de toute vie antérieure, recommenceront leurs tribulations éternelles.